Le transport routier de marchandises reste un secteur dynamique et en forte demande de main-d’œuvre en France. En combinant données récentes et observations du marché, cet article propose une lecture opérationnelle de l’emploi dans le camionnage, la logistique et l’entreposage, en détaillant les volumes d’emploi, l’évolution des recrutements, la rémunération, les types de contrats, les conditions d’accès et l’essor de l’intérim.
À retenir :
Le secteur transport–logistique recrute fortement : en combinant revalorisation salariale et mix CDI–intérim–formation, vous sécurisez des embauches rapides et pérennes en 2025.
- Calibrez la rémunération sur le marché : chauffeurs SPL 1 769–3 000 € + primes (nuit/RTT) et hausse sectorielle +5,1 % ; publiez vos fourchettes et avantages.
- Segmentez les profils et clarifiez les prérequis : longue distance/régional/urbain, spécialisations (porte‑engin, vrac), exigences permis SPL, carte conducteur, FIMO.
- Activez un mix de canaux : recours à l’intérim (+0,8 %) comme tremplin vers le CDI, partenariats centres C/CE–FIMO, parcours d’intégration de 3 mois.
- Adaptez le sourcing aux tensions locales : > 11 000 offres et demande d’emploi +0,3 % ; renforcez visibilité, primes de mobilité et planification des tournées.
- Pilotez vos recrutements : suivez time‑to‑hire, taux de no‑show, conversion intérim→CDI et coût par embauche ; revues hebdo RH‑Opérations.
Un secteur majeur de l’emploi en France
Le transport et l’entreposage constituent une composante importante du marché du travail national. Fin 2023, ce secteur employait plus de 1,4 million de salariés, soit environ 7,1 % des salariés du secteur privé, hors intérim.
Cette base a continué de croître : au deuxième trimestre 2025 l’effectif total atteint 1,56 million de salariés, avec une progression de l’emploi salarié hors intérim de 0,3 %. Ces chiffres confirment la place du fret routier et des activités logistiques dans l’appareil productif et dans la chaîne d’approvisionnement.
Une amélioration du marché du recrutement
Le marché du recrutement s’améliore progressivement après plusieurs années de tensions sur les métiers de la conduite. Les acteurs du recrutement observent une offre importante, qui reflète à la fois des besoins de renouvellement et des créations nettes de postes.
À date, on recense plus de 11 000 offres d’emploi de chauffeur routier en France, dont environ 1 900 postes spécifiquement affichés sur les principaux portails d’emploi. Cette abondance d’offres traduit une reprise des embauches mais aussi une segmentation des profils recherchés, du routier longue distance aux trajets régionaux et urbains.
Des salaires en progression
La rémunération moyenne du secteur a progressé de manière notable récemment. En 2023, le salaire moyen mensuel par tête a augmenté de 5,1 %, signe d’une revalorisation générale des grilles salariales pour attirer et fidéliser les conducteurs et le personnel logistique.
Pour les chauffeurs SPL en trafic national, la rémunération varie en fonction de l’expérience, des missions et du type de contrat. Les niveaux observés vont d’environ 1 769 € à 3 000 € par mois, avec des écarts liés aux primes, RTT, majorations nuit et à la qualification (porte-engin, vrac, transport exceptionnel).
Pour visualiser rapidement les indicateurs clefs du secteur, voici un tableau synthétique des données centrales à prendre en compte :
| Indicateur | Valeur | Observation |
|---|---|---|
| Effectif total (fin 2023) | > 1,4 million | 7,1 % des salariés du privé (hors intérim) |
| Effectif total (T2 2025) | 1,56 million | Progression de 0,3 % hors intérim |
| Offres chauffeur routier | > 11 000 | Plus de 1 900 postes sur grands portails |
| Variation salaire moyen (2023) | +5,1 % | Revalorisation sectorielle |
| Salaire chauffeurs SPL | 1 769 € – 3 000 € | Selon expérience et contrat |
| Demande d’emploi transport/logistique (T2 2025) | +0,3 % | Contraste avec -2,2 % sur l’ensemble des demandeurs |
| Emploi intérimaire (T2 2025) | +0,8 % | Rupture d’une série de neuf trimestres en baisse |
Une diversité de contrats et de postes
Le paysage des offres est hétérogène, ce qui permet aux employeurs d’adapter les modalités d’embauche aux fluctuations d’activité. Les contrats disponibles vont du CDI au CDD, en passant par l’intérim et des formules d’apprentissage ou de missions ponctuelles.
Les trajets et les missions sont tout aussi variés : transport régional, national, nocturne, livraison urbaine et distribution longue distance. Les postes spécialisés sont nombreux et demandent des compétences ciblées : chauffeur PL porte-engin, conducteur SPL, exploitant transport vrac, mais aussi caristes et techniciens de maintenance véhicule.

La variété des contrats et des profils recherchés offre des pistes pour les stratégies de recrutement : ciblage par spécialisation, modularité des horaires, packages salariaux intégrant primes et avantages en nature.
Une demande persistante malgré les fluctuations
Le marché du travail global a connu une amélioration générale du nombre de demandeurs d’emploi, qui a diminué de 2,2 % au deuxième trimestre 2025. Pourtant, la situation pour les métiers du transport et de la logistique diverge.
Dans ces métiers, la demande d’emploi augmente légèrement de 0,3 %. Cette hausse indique une tension persistante : les entreprises peinent encore à couvrir certains besoins malgré le recul global du chômage. Le déséquilibre peut résulter d’exigences de qualification, de conditions de travail ou de localisation des postes.
Des conditions d’accès standardisées
Les exigences administratives et formatives encadrent l’accès aux métiers de la route. Pour la majorité des postes de conduite longue distance, les recruteurs demandent le permis adéquat et les certificats réglementaires.
Les éléments fréquemment exigés sont le permis SPL (poids lourd ou super lourd selon les cas), la carte conducteur en cours de validité et la FIMO (Formation Initiale Minimale Obligatoire) ou équivalent. Pour les liaisons internationales et certains transports spécifiques, des qualifications complémentaires et une expérience probante sont souvent requises.
Pour les trajets longue distance, l’expérience joue un rôle déterminant : les entreprises privilégient les conducteurs ayant des heures de conduite accumulées, des références vérifiables et une connaissance des règles sociales et des temps de repos. Il est fréquent que les recrutements s’appuient sur des centres de formation (permis C/CE, FIMO) pour qualifier rapidement les candidats.
Une croissance de l’emploi intérimaire
L’intérim retrouve du dynamisme dans le secteur après une période prolongée de reflux. Au deuxième trimestre 2025, l’emploi intérimaire dans le transport augmente de 0,8 %, marquant une rupture après neuf trimestres de baisse dans l’ensemble du privé.
Cette remontée de l’intérim témoigne d’une recherche de flexibilité de la part des entreprises : recours à du renfort saisonnier, gestion de pics d’activité ou substitution rapide de compétences. Pour les candidats, l’intérim représente une porte d’entrée vers des postes pérennes et une manière d’acquérir de l’expérience sur des missions diversifiées.
Implications pour la stratégie de recrutement
Pour les services RH et les opérationnels, ces tendances imposent des réponses structurées. La progression salariale et l’augmentation des offres impliquent d’ajuster les grilles, de formaliser des parcours de carrière et de proposer des mesures de rétention adaptées aux conducteurs et aux techniciens logistiques.
Du côté des processus de sourcing, il est pertinent de combiner recrutement direct, partenariats avec des centres de formation (permis C/CE, FIMO), recours maîtrisé à l’intérim et promotion des postes spécialisés. La diversification des canaux et la mise en avant des améliorations de conditions de travail (aménagements, primes, formation continue) augmentent l’attractivité des offres.
En synthèse, le transport routier demeure un secteur qui embauche et se transforme : volumes d’emploi importants, offres nombreuses, revalorisation salariale et montée de l’intérim dessinent un marché en évolution où les stratégies RH doivent être pragmatiques et ciblées.

